GALERIE DE TEXTES.
Epopées
ou les enfants de la nuit :
Par * genzoman
As-tu vu l’écheveau de la sanglante Histoire,
Hennissant, au galop sur un tapis de corps
Décomposés de là, de ci ; les tristes sorts
Qu’un vieux poing décharné rougit sur l’écritoire,
La mort qui perle aux fronts sous l’arche fantastique
Elevée par delà le champ de l’œil humain
Et l’univers brulant renversé d’une main
Que n'étreignit jamais l’idole de plastique ?
Télémaque accablé par les bouches perfides
Vit l’homme véritable et toi, divin lecteur,
C’est l’annonciation de l’homme prospecteur
Du feu primordial en tes rêves splendides !
C’est la mêlée au cœur de laquelle Anastase
Guidait, sage, Byzance aux temps intestinaux ;
C'est le fruit triomphal qu'envenime l'extase !
C’est un fléau : le seul aux oreilles de chien
Dont l’iris en fureur semblait des hauts-fourneaux ;
C’est Atlas enchaîné dont la terre est le lien ;
Surgie d’un mont béant, c’est l’ode titanesque
Qu’Hélios l’Hypérionide assume de son sceau
Et que nul ne cadra dans la grandeur des fresques !
Au terme des lueurs un peuple entier s’extrait...
Il est dit qu'un jour il s’envolera d’un trait
Car, apitoyée, Nix reconnaîtra les siens.
Donc écoute le chant qui s’ôte d’une rue ;
Ce petit air, de rien, que trop de faste tue,
Digne d’être entendu si l’on se penche bien.