GALERIE DE TEXTES.
I
T’ai-je emmené Sarah, mes deux mains dans les tiennes,
Où la lavande est d’or ainsi que son parfum
Un mois d’aout esseulé loin de l’astre défunt
Qui pousse, dans nos dos, le crin ranci des hyènes ?
Il me semble, Sarah, que les valses de Vienne
Nous les avons dansées, parmi les ormes nains
Dans la jungle soyeuse où crèvent les matins
Comme des bulles bleues avant que midi vienne…
Des lieux sans nom ni but j’en fréquente en myriade !
Engloutis, oubliés, noyés dans la triade
Où sans cesse égarés dès la mort de l’enfant…
Mais, Sarah, sur ma carte où les croix se confondent
Ils sont notés, chaque aube a vu noircir ce plan
Par des coordonnées ou par des longueurs d’ondes.
II
Donc Sarah, sœur unique à l’épaule de mère,
Nous irons, si tu veux, à dos d’aigle royal
Habiter le palais tout vêtu de santal
Où logeait le roi vain d’une race éphémère !
Pour y déguster l’os acide du mystère
Et le sang foudroyé du temps morne et fatal,
Qu’importe d’être pris par les sept bras du mal :
Quand nous serons repus nous quitterons la terre !
Mais là-bas ! Seulement ! Là-bas ! Sarah je veux
Voir tes yeux éblouis ! Je veux revoir tes yeux
Ornés par la tendresse autant que la lumière !
T’ai-je blessé, Sarah, pour te voir au lit blanc ?
Blanc pareil à ta peau qu’une fine poussière
Poudre. Où pourrais-je aller ? Sans toi ; que vaut mon plan ?