GALERIE DE TEXTES.
C'était pas l'avenue... (mais alors pas du tout).
C'était pas l'avenue, orgueil des grandes villes,
Que trace le platane en allant jusqu'au loin
Que j'ai trouvé jolie - on m'appela « babouin » ;
Les arbres je m'en fous, vraiment, c'étaient les îles
Jumelles de tes yeux qui m'ont désemparé.
Sur quelle mer t'es-tu, plus jeune, accaparé
De ce double miracle armant mille vertiges
Qui ramènent au feu les gars désespérés
Que l'ombre aimée oblige à contempler la tige
Sans connaître la fleur en les nippant du vol ?
J'ai pu goûter tes yeux ; c'était bien de l'alcool,
Le plus fin, le plus pur, j'en garde la mémoire
A la trachée, au cœur ! J'ai pu goûter deux bols
D'absinthe, de tournis fugitif et de moire !
Miam... assaisonné par un zeste de khôl.
C'était pas l'avenue, mais alors pas du tout.
Par aL-baum.